De l'inconstance de la motivation

Les historiens de l’art confirmeront, chaque mouvement artistique est une réponse radicalement opposée aux excès du mouvement précédent. Le néoclassicisme s’oppose au style rococo, l'expressionisme casse toutes les lignes de l’art déco, le minimalisme refuse en bloc les codes du pop art.

Ainsi fonctionne le temps.

Sur le moment, une révolution.

Avec le recul suffisant ? Un enchaînement de caprices lunatiques.

Sauf que, ces ”caprices lunatiques” nous ont fait quitté malgré tout les codes de l’art antique grec : Nous, humanité, avons évolué grâce à nos changements d’humeur, en quelque sorte.

A l’échelle d’un seul être humain, c’est un peu pareil. Nos changements d’humeur, nos changements d’avis, nos regrets sur les choix faits la veille, ou quelques heures plus tôt ( oui, même quelques heures plus tôt ) et bien tout ce lunatisme nous fait évoluer.

Il n’y a pas lieu de craindre le lunatisme donc. Pas plus que la lune.

La lune.

En tant que terrien, ce qui bouge quand on est stable, c’est la lune. Et ce qui est stable quand on bouge, c’est le soleil.

Et notre ego, solaire et présomptueux, n’aime pas trop se dire que oui, on change tout le temps d’avis. Que c’est normal. Que le temps fonctionne comme ça. Notre égo nous tue le lunatisme. Et quand on se tue le lunatisme, on n’évolue plus.

Alors comment on se le réveille des morts, notre lunatisme ?

On observe la lune voyager à travers les constellations au fil du mois.

Dans le cycle du zodiaque, le bélier fracasse les rêveries du poissons, le taureau tempère les ardeurs du bélier, le gémeaux questionne et rajeunit les valeurs traditionnelles du taureau. La lune passe à travers tout ça, nous motivant à privilégier une stratégie, puis la stratégie opposée.

La lune nous motive.

C’est en faisant le tour de la question qu’on en retire toute la superficialité. Et une fois le superficiel supprimé, on est au coeur des choses. Là où ça tient bon.

La prochaine fois que vous vous dites “je ne suis pas motivé”. Reformulez. Dites plutôt: j’ai été excessif, l’heure est venue de corriger le tir.