A travers ma fenêtre

Ma fenêtre, ma chambre, mon paysage, ma vie, mon bien-être, ma liberté. A travers cette vitre, derrière cette fenêtre fermée, derrière l’encadrement en bois de chêne, derrière mon confort, derrière ce gardien d’horizon, je veux trouver l’énigme, partir à la découverte ! Un jour, finit cette fenêtre semblable à un enfer de barreaux protecteurs ! Ouverte la fenêtre ! A moi l’évasion et vive l’aventure !

Tout d’abord, je plonge dans le ciel à perte de vue, dans les nuages encore et encore. Parmi ces derniers, je sens un rayon de soleil après l’orage et cette odeur de pluie après les nuages noirs, un enchantement irrésistible et mortel. Puis un rideau de brume s’installe, des senteurs de plantes vertes viennent jusqu’à moi. Cette brume me chatouille les joues qui deviennent à leur tour fraiches et rosées comme la pointe des feuilles vertes au sommet de leur perchoir. J’assiste au réveil délicat de la nature.

Ensuite, plus loin, à l’horizon, je suis enveloppée par les montagnes et les arbres et enfin je trouve ma tranquillité. Je me laisse envahir par la plaine remplie de ruisseaux et en suivant des traces, le chemin de vie me guide vers un buisson de branche au milieu du pré rempli d’herbe tendrement verte.

J’entends les toutes petites gouttes de rosée du matin tomber de tige en tige sans jamais s’éclater. Cette forme de pluie fait renaître l’herbe et la nature. Hypnotisés par le charme et la beauté libérés de cette enchanteresse, mes doigts se mettent à effleurer le sol humide. Avec l’agilité d’une baguette magique, un brin d’herbe est cueilli. Je le mets entre mes lèvres et profite de son goût unique.

Plus loin, des points jaunes, des jonquilles m’appellent, je m’approche. En sentant ma présence, elles libèrent leur parfum indomptable faisant danser les arbres et tous mes sens. Je repaire un arbre avec mes yeux perçants d’oiseau. Cet arbre au bout de mon chemin, de ma destinée, je ne le hais point. C’est mon endroit secret. Je l’ai reconnu. Ici, je trouve mon bonheur, mes sensations et mon imagination débordante. En regardant toujours vers l’horizon, vers l’avenir, je me découvre moi-même.

Enfin, je rentre avant l’arrivée de mes bêtes à cornes et leurs fidèles compagnons aux bois majestueux. Je pénètre dans ma chambre, derrière la fenêtre ouverte, derrière l’encadrement en bois de chêne, derrière ma liberté, après avoir vécu une superbe et extraordinaire aventure.

Julie B.

2017