
Je suis le gardien de tes idées les plus intimes et de tes réflexions sur les choses de la vie. Je sers de défouloir à tes colères et de confident quand tu n’as pas le moral. Seul toi peux me lire et seul toi décide de qui peut me lire. Je suis ton journal.
Aujourd’hui beaucoup de tes amis utilisent les réseaux sociaux au lieu d’un simple journal comme moi mais est-ce vraiment sécurisé ?
Un jour, le 24 janvier tu m’as confié qu’une de tes amies s’était trop dévoilée sur la toile et qu’elle le regrettait. Ce qu’elle avait écrit ne pouvait s’effacer. Les réactions des autres internautes la décevaient, certaines étaient même agressives. Elle ne s’était pas rendue compte qu’elle n’avait pas protégée sa vie privée et ses données personnelles.
Une autre fois, le 4 mars tu m’as raconté qu’un copain de ton frère qui cherchait un emploi n’était jamais retenu. Son seul tort était que plus jeune il avait été condamné à de la prison avec sursis pour des bêtises d’adolescence et que dans un souci d’honnêteté il le disait. Que devait-il faire ? Le dire, ne pas le dire ?
Tu t’étais aussi interrogée le 30 avril sur la diffusion dans la presse d’informations et de photos de moments de vie privée de personnalités connues qui apparemment avait été faite sans autorisation. Bien sûr des procès étaient intentés et souvent gagnés mais le mal était fait. Comment protéger sa vie privée lorsqu’on a une vie publique ? C’est d’ailleurs notre combat à tous au quotidien car nous possédons tous une vie privée et une vie publique
Au fil de mes pages je me suis aperçue que le domaine de la vie privée est très varié. Par exemple, le fait de fréquenter une personne ne regarde que nous, notre courrier ne peut être ouvert que par nous, il faut notre accord pour diffuser notre image, les données personnelles récoltées sur internet ne peuvent être utilisées comme marchandises, nous sommes présumés innocents jusqu’à ce qu’il y ait un jugement qui dise le contraire, et il existe le secret médical qui protège les données concernant notre état de santé. La religion et nos idées politiques font aussi partie de la vie privée tout comme le vote qui est anonyme.
Tu m’as aussi dit le 12 juin que pendant ton cours de français tu avais rencontré une juge. Elle a expliqué que lors d’une enquête on pouvait tout retrouver sur une personne, ce qu’elle a posté sur les réseaux sociaux ou internet et même ce qu’elle a supprimé. Une fois la vie privée dévoilée sur internet on ne peut plus l’oublier.
Tu as aussi rajouté : merci mon journal, grâce à toi je me sens en sécurité. Si je veux oublier ma vie privée je te brûle, je te déchire où je jette la clé. Je peux dévoiler ma vie privée et l’oublier cela ne restera pas gravée.
Le Lundi 16 septembre tu m’as écrit que c’était difficile de trouver la limite pour des journalistes entre ce qu’ils pensent devoir diffuser pour informer et le respect des personnes sur lesquelles les articles portent. Difficile également pour les personnes de savoir où est la limite dans les discussions sur le net et même dans la vie de tous les jours. Difficile aussi de cerner les limites de la vie privée qui change selon les pays.
Ainsi je te dis, moi, ton journal, de te confier aux bonnes personnes ou dans un journal. Cela vaut aussi pour tes amies et tes proches. Et surtout, n’oubliez pas de faire attention à vous et de vous battre pour préserver votre vie privée unique à chacun et indispensable à votre bonheur. Je pense que tout est une question d’équilibre entre échange, confiance et respect d’autrui.
Julie B
Crédit Photo : Pixabay