
Le changement climatique est devenu sujet courant dans les conversations. Il inquiète, il effraie, il fait douter…il est là et on ne peut pas le nier. Il est de plus en plus visible et de plus en plus présent dans nos sociétés. Le changement climatique est donc devenu un enjeu international, et il est impératif de trouver des solutions pour lutter contre.
Mais si je vous dis changement climatique ? Vous pensez à quoi ? Fontes des glaces, montée des eaux, pétrole, réchauffement de la Terre, gaz à effet de serre…
Il faut savoir qu’aujourd’hui l’agriculture est l’une des principales activités d’émission de gaz à effet de serre.
Cette information effraye, il est clair qu’elle n’est pas a prendre à la légère. A partir de là, deux solutions s’offrent à nous. Soit cette peur nous envahit et notre moral se ruine, soit on croit en l’avenir et en la mise en place de solutions.
Car oui, malgré tout, il existe des solutions mises en place par les agriculteurs pour réduire leur impact sur le climat avec l’émission de gaz à effet de serre.
Globalement, l'agriculture reste largement émettrice de gaz à effet de serre. Le secteur représente 19,4% des émissions en France d’après un reportage de France info. Si l’on regarde dans le détail 40% de ces émissions agricoles viennent des cultures. En effet, les engrais utilisés pour faire pousser les plantes entraînent le rejet du protoxyde d’azote, un gaz 300 fois plus puissant que le CO2 en effet de serre. De plus 48 % des émissions agricoles proviennent de l’élevage. En effet les bovins, plus précisément les vaches, rejettent du méthane lors de la digestion. Mais leur alimentation et leurs déjections rejettent également beaucoup de gaz nocifs pour la couche d’ozone. Il faut savoir que parmi les gaz à effet de serre, on parle beaucoup du CO2 et on a tendance à mettre de côté le méthane qui est un puissant gaz à effet de serre (25 fois plus que le CO2). Mardi 02 novembre dans le cadre de la COP26, près de 80 pays se sont engagés à réduire leurs émissions de méthane d'ici 2030.
En France, pour remédier à ces flux de gaz vers l’atmosphère, des milliers d'éleveurs laitiers commencent à changer leur façon de travailler. Ils s’adaptent et cela passe par le changement du régime alimentaire des bêtes.
Prenons l’exemple d’un agriculteur dans le Pas de Calais suivi par les journalistes de France info. Depuis 6 ans, il trouve et met en place de petites solutions pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Première révolution, l'agriculteur a repensé l'alimentation de ses bêtes. Il remplace le soja produit en Amérique du sud par du colza produit en France. Ainsi il évite du transport, l’émission de CO2 qui va avec etc.…et petit bonus il ne paie pas les frais de transport. Ensuite second changement, il utilise le fumier de ses vaches comme engrais naturel au lieu d’engrais chimique. Enfin troisième révolution, il a sacrifié des hectares de cultures pour laisser de la prairie. Ces prairies stockent énormément de carbone dans le sol.
Au final, en six ans, la ferme a donc réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 17%. C’est 410 tonnes de carbone en moins, l’équivalent de 800 vols Paris-New-York.

En outre, le syndicat agricole majoritaire, la FNSEA, explique que les sols agricoles stockent du carbone. L’agriculture jouerait un rôle de capteur de CO2. Il est vrai que, suite à la photosynthèse, les plantes absorbent le CO2 contenu dans l’air pour se nourrir. Une partie du carbone reste ensuite dans le sol, sous forme de matière organique. Selon Jérome Mousset, directeur bioéconomie à l’Ademe, il faut préserver ce carbone dans les sols. Il est indispensable pour la lutte contre le changement climatique.
Actuellement pour que la captation de carbone permette de compenser les émissions de gaz à effet de serre de l’agriculture, il faudrait que ce stock de carbone conservé dans les sols augmente. Autrement dit, il faudrait équilibrer CO2 rejeté et CO2 absorbé. Or ce n’est pas le cas, le carbone piégé par la photosynthèse n’est pas suffisant.
Malgré tout il y a du potentiel si l’on développe des cultures intermédiaires ou l’agroforesterie.
D’après l’Inra, les techniques de captation de carbone pourraient compenser environ 27% des émissions du secteur agricole.
Je trouve que c’est rassurant de voir que l’un des principaux secteurs d’émissions de gaz à effet de serre essaye de trouver des solutions pour limiter leur impact sur la biodiversité. Ce sera intéressant de voir comment ses solutions vont évoluer à l’avenir.
Malgré tout, l’agriculture va se développer de plus en plus pour nourrir une population mondiale en augmentation. On va donc favoriser une agriculture intensive qui pollue plus qu’une agriculture extensive. Drôle de paradoxe….à voir si d’autres solutions peuvent être trouvées et mises en place.
Julie B.
Sources :
- « VRAI ou FAKE. Climat : l’agriculture capte-t-elle vraiment le CO2 ? » Franceinfo, 10 novembre 2021, www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/vrai-ou-fake-climat-l-agriculture-capte-t-elle-vraiment-le-co2_4837443.html.
- « Climat : réduire les émissions de méthane, le défi des élevages laitiers ». Franceinfo, 2 novembre 2021, www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/climat-reduire-les-emissions-de-methane-le-defi-des-elevages-laitiers_4830595.html.
Crédits photos : Julie B et Pixabay