Février, les portes de l’étable sont fermées, les vaches, dans leur cocon, au Gibertes, mangent patiemment le foin distribué par Vincent Remise. Cet agriculteur de 34 ans élève sur 130 hectares 55 mères Aubrac et leurs petits veaux ainsi que des génisses d’engraissement. Il fait de l’enrubannage, un peu de foin et quelques céréales le rendant quasiment autonome, en achetant seulement un camion de foin tous les deux trois ans. Mais ça, c’était avant que « été » rime avec sécheresse et manque d’eau. Face à ce nouveau climat, il doit s’adapter et trouver des solutions pour la survie de sa ferme.
Pour passer cet été qui s’annonce une fois encore très sec, il a eu l'opportunité d’augmenter sa surface disponible pour un cheptel égal. Il va donc moins charger les parcelles mettant moins de bêtes à l’hectare. Aussi, Vincent a revu son assolement, ses cultures, en semant de la luzerne. « Une plante qui pousse malgré la chaleur et les faibles précipitations » explique-il. De plus, il sème de l’avoine grise fin d’été, « une plante rustique d’ici », pour faire manger les vaches à l’automne. Il a pour projet de construire une grange permettant de stocker du foin et ainsi diminuer l’enrubannage et réduire les coûts qui en découlent.
En ce qui concerne l’approvisionnement en eau, Vincent s’estime chanceux car il a une source privée, mais si la sécheresse s’accentue, il devra trouver de nouvelles stratégies, comme la récupération de l’eau du toit pour diluer la fosse à lisier qui servira ensuite d’engrais. Il a aussi prévu cet été d’émonder les frênes, ce qui consiste à couper les branches des frênes afin que les vaches puissent manger les feuilles.
Vincent explique qu’il faudra surveiller encore plus les bêtes car par manque de nourriture, elles sont tentées d’aller voir ailleurs. « Mentalement, on se fait du souci, on est moins serein. Il y a plus de travail et faut arriver à tout gérer » confie Vincent.

Publié dans Couleurs Lozere N°65
crédit photo: Julie B
Juin 2023