
Dès son plus jeune âge, Romain accompagnait son père et son grand-père à la pêche et à la chasse. « Je chassais la bécasse » raconte-t-il avec le sourire. Il explique que cette chasse assez particulière s’effectue avec un chien et « j’aime ce côté fusionnel avec l’animal ». C’est alors que fin 2014, Romain MONLONG, lycéen, fait ses voeux sur Admission Post-Bac, l’équivalent de Parcoursup aujourd’hui. « Tout s’est joué sur 1 dossier, mon second voeux est accepté. ». Tout change, Romain quitte sa ville natale Toulouse et débarque à St Chély d’Apcher pour effectuer son BTS Gestion et Protection de de la Nature au sein du LEGTPA François Rabelais à Civergols. « Je suis arrivé sans permis et sans aucune attache ». C’est alors qu’il découvre le département lozérien ! Au même moment, il se met à la photographie. Tous les soirs d’été et de printemps, il est dehors, son appareil à la main. « Je découvre la photo en même temps que je découvre le département. » En 2016, à la fin de son BTS, il quitte la Lozère pour continuer ses études dans le domaine de la cynégétique, autrement dit, « c’est le gros mot utilisé pour désigner ce qui se rapporte à la Chasse ». « Je pars mais je sais que j’ai envie de revenir » confie Romain. En 2017, de retour sur la capitale lozérienne, Mende, il effectue son service civique à la Fédération Départementale des Chasseurs de Lozère. Par la suite, il trouve du travail sur Nasbinals. Aujourd’hui âgé de 26 ans, Romain vit depuis 4 ans sur Nasbinals, village de seulement 200 habitants. Pour Romain, « c’est un village dynamique et hyper vivant qui compte 2 superettes, 3 restaurants, 1 église, 1 mairie, 1 boulangerie… ». Romain ajoute « Je suis Lozérien de cœur, je me considère plus lozérien que toulousain ». En 2020, il passe le pas et devient autoentrepreneur photographe. Il atteint l’objectif de ses rêves. Il photographie la faune locale : hermine, renard, blaireau, sanglier, loutre, tous passent devant son objectif. Pour lui, la photo s’apparente à de la chasse. La « traque » de l’animal reste approximativement la même, seule la balle du fusil devient le clic de l’appareil photo. Comme dans son enfance, Romain part photographier dans la campagne avec Toundra, sa chienne setter qu’il a dû éduquer pour qu’elle reste à l’affut avec lui. La photo du monde sauvage demande beaucoup de patience, Romain raconte « J’étais pas du tout patient et maintenant je le suis, mes parents sont stupéfaits ». Il s’est lancé depuis peu dans l’aventure des cartes postales qu’il vend à l’Office de Tourisme de Nasbinals. La première année, il a vendu ses cartes lors du Photo’brac. « Certaines photos qui me plaisent ne plairont pas au grand public, il faut savoir s’adapter à la demande » confit-il. Il adore le blaireau, pour autant, ce sont les photos de vache qui se vendent le mieux car elles représentent l’Aubrac. Il a d’ailleurs une photo de « vaches dans la lune », les ombres de vaches se reflètent sur la pleine lune. Il a également pris une photo de « Cerf dans la lune » qui a était finaliste du concours Montier-ender en terminant 80 parmi près de 19 000 photos. La photo reste un vrai travail. C’est de l’art. « La netteté est mon cheval de bataille, je suis très pointilleux sur ce point » Chaque photo a une histoire propre. Prendre des photos c’est partir à l’aventure. Pour Romain, Photographie signifie « Passion, Patience et Motivation ».
Julie B
crédit photo: Romain Monlong
Article publié dans la Lozère Nouvelle du 17/08/2023